Terrasse en lames composite brunes exposée au soleil autour d'une piscine

Lame composite qui gondole : pourquoi, que faire

Le composite ne pourrit pas, ne grise pas et ne demande pas de saturateur. En échange, il bouge. Une lame de terrasse composite s’allonge quand elle chauffe et se rétracte quand elle refroidit, dans des proportions qui dépassent celles du bois, et cette dilatation est la cause de presque tous les désordres qu’on lui reproche : les ondulations, les lames qui montent en milieu de travée, les jeux qui disparaissent, les clips qui cassent.

Pourquoi une lame composite bouge-t-elle autant ?

Parce qu’elle est faite pour moitié de polymère, et qu’un polymère se dilate à la chaleur bien plus qu’une fibre de bois. Le mouvement est surtout longitudinal : c’est en longueur que la lame s’allonge, de quelques millimètres par mètre entre une nuit de janvier et un après-midi d’août. Sur une lame de quatre mètres, l’allongement se compte en centimètres cumulés sur l’année.

Deux facteurs aggravent tout. La couleur d’abord : une lame anthracite absorbe nettement plus de rayonnement qu’une lame claire et monte plus haut en température, donc s’allonge davantage. La structure ensuite : une lame alvéolaire, creuse à l’intérieur, est plus légère mais moins rigide qu’une lame pleine, et elle encaisse moins bien la contrainte quand le mouvement est empêché.

Une lame qui gondole n’a pas mal vieilli. Elle a voulu s’allonger et on l’en a empêchée.

Est-ce la lame ou est-ce la pose ?

C’est la pose, dans la très grande majorité des cas. Le fabricant connaît le coefficient de dilatation de son produit, et sa notice de pose n’est rien d’autre que la traduction de ce coefficient en consignes : un jeu à laisser en bout de lame, un jeu à laisser en périphérie contre les murs, un espacement maximal entre lambourdes, une méthode de fixation. Ces valeurs varient d’une gamme à l’autre, et c’est bien pourquoi elles doivent être lues plutôt que devinées.

Quand une lame ondule, la contrainte est mécanique : elle veut s’allonger de quelques millimètres, ses deux extrémités butent, et la seule direction qui lui reste est vers le haut. C’est un flambement, exactement comme une règle qu’on comprime entre deux mains. Le matériau n’y est pour rien.

Le jeu de bout est respecté : la lame s’allonge dans le videjeuLa lame bute des deux côtés : il ne lui reste que le hautflambement

Quelles erreurs produisent une ondulation ?

La première, et la plus fréquente, est le jeu de bout supprimé. La lame arrive contre un mur, un seuil ou une lame perpendiculaire, et rien ne la sépare de l’obstacle. L’été venu, elle pousse. Le même raisonnement vaut pour la périphérie : une terrasse composite ne se pose jamais serrée contre une maçonnerie.

La deuxième est l’entraxe des lambourdes. Plus les appuis sont espacés, plus la portée est grande, et plus la lame est libre de se cintrer entre deux points. Les notices imposent un espacement maximal, réduit en pose diagonale puisque la lame franchit alors une distance plus longue entre deux lambourdes. Une lame alvéolaire posée sur des appuis trop écartés donne cette impression de sol souple qui s’enfonce sous le pas.

La troisième est la fixation rigide. Les clips ne sont pas une simplicité de montage, ce sont des pièces qui maintiennent la lame verticalement tout en la laissant coulisser dans sa longueur. Une lame vissée en force à ses deux extrémités, ou un clip serré au point de la bloquer, transforme un mouvement normal en contrainte. On peut ajouter un quatrième cas plus insidieux : le support qui n’est pas plan. Une lambourde qui ne repose pas partout laisse un point dur, et la lame s’appuie dessus.

Peut-on rattraper une lame qui gondole ?

Cela dépend de ce qui la retient. Si la déformation est le produit d’une contrainte encore active, le geste est de rendre le jeu : démonter la lame ou la rangée concernée, recouper de quelques millimètres l’extrémité qui bute, dégager la périphérie, vérifier les clips, remonter. La lame reprend sa forme en refroidissant, souvent dès la nuit suivante.

Si en revanche elle est restée contrainte plusieurs étés, le matériau a fini par se déformer durablement, et libérer le jeu ne suffira plus. Il faut remplacer la lame, et surtout corriger la cause avant de reposer la neuve, faute de quoi la nouvelle fera la même chose. Le test qui départage les deux cas est simple : desserrez et démontez la lame, puis regardez-la posée à plat au sol le lendemain matin. Une lame saine redevient droite.

Comment savoir si la situation va empirer ?

Surveillez les jeux, pas l’ondulation. Un espace entre lames qui se referme progressivement d’une année sur l’autre, un clip qui casse, une vis qui remonte, un bruit de frottement au passage : ce sont les signes que la contrainte augmente et qu’elle finira par déformer quelque chose. Une ondulation stable, mesurée en fin d’été et retrouvée identique l’été suivant, est un défaut d’aspect qui ne s’aggravera pas.

Le reste de l’entretien du composite n’a rien à voir avec ce sujet et reste modeste : de l’eau, une brosse et un nettoyant adapté au composite, en évitant les produits acides et le nettoyeur haute pression qui strie la surface. Le seul point de vigilance saisonnier concerne les rainures antidérapantes, où l’humidité s’installe volontiers ; la façon d’en venir à bout sans abîmer la lame est la même que sur le bois.